251959_0Présentation de l'éditeur : "Bon appétit messieurs! - O ministres intègres!" Quand la corruption des puissants fait la misère du peuple, la voix de Ruy Blas retentit. Ce valet, amoureux de la Reine d'Espagne, est une des grandes figures de la révolte de notre théâtre romantique. Dans ce drame, Victor Hugo a su mêler histoire haute en couleurs, passions violentes, humour et poésie.


Don Salluste est un grand seigneur appartenant à la cour du Roi d'Espagne Charles II. Humilié par la Reine, qui l'a contraint à l'exil, il prépare un plan machiavélique dans le but de se venger. Ayant appris que son laquais, Ruy Blas, est amoureux d'elle, il décide de l'utiliser afin de mieux réaliser ses plans. Ainsi, il présente Ruy Blas à la cour, comme étant son cousin, Don César. Il demande à celui-ci de devenir l'amant de la Reine, sans bien sûr lui dire qu'il n'est qu'un jouet dans sa terrible machination. Ruy Blas, le simple laquais déguisé en grand seigneur, fait forte impression auprès de la Reine, qui en tombe rapidement éperdument amoureuse. Il fait également une forte impression auprès des ministres car étant un homme du peuple, il jette à la face de ces ministres leur cupidité et leur égoïsme. Mais, si Don Salluste est absent de la cour, il fera une tragique apparition à la fin...


J'avais lu Ruy Blas il y a un an, mais ce livre ne m'avait laissé aucun souvenir car je ne me rappelait même plus de son intrigue. Bien que cette lecture ait été agréable, je ne pense pas que cette pièce me laissera un plus fort souvenir que la première fois. C'est une pièce que j'ai aimé lire car on peut vraiment en faire plusieurs lectures : on peut y voir une tragédie si l'on s'intéresse à la relation entre Ruy Blas et la Reine ou tout simplement à la triste de vie de celle-ci. A vrai dire, ce n'est pas tellement ce point de vue qui m'a touchée. J'ai trouvé que d'autres pièces faisaient mieux ressentir les tragédies amoureuses que celle-ci (je pense notamment à Le Cid ou Bénérice, lus il y a longtemps maintenant).


Mais Ruy Blas peut aussi être vu comme une pièce quelque peu engagée par les dénonciations que fait Ruy Blas de la façon dont les seigneurs gèrent l'Espagne.

"Ruy Blas
Bon appétit! messieurs! -
[...]
                Ô ministres intègres!
Conseillers vertueux! Voilà votre façon
De servir, serviteurs qui pillez la maison!
Donc vous n'avez pas honte et vous choisissez l'heure,
L'heure sombre où l'Espagne agonisante pleure!
Donc vous n'avez ici pas d'autres intérêts
Que d'emplir votre poche et vous enfuir après!
Soyez flétris, devant votre pays qui tombe!
Faussoyeurs qui venez le voler dans sa tombe!
- Mais voyez, regardez, ayez quelque pudeur."

Enfin, j'ai apprécié les moments comiques de cette pièce. J'ai rarement lu des pièces où la tragédie et la comédie étaient aussi bien mêlés. J'ai eu comme l'impression que cela redonne du souffle à la pièce, que cela permet au lecteur/spectateur de respirer un peu pour d'autant mieux apprécier la tragédie qui suivra.

"Le laquais, au nègre
Remettez l'agrafe à mon seigneur.

Le nègre s'approche gravement de Don César, qui le regarde faire d'un air stupéfait ; puis il rattache l'agrafe du manteau, salue et sort, laissant Don César pétrifié.


Don César, se levant de table
A part.
Je suis chez Belzébuth, ma parole d'honneur!"

Référence

Ruy Blas, Victor Hugo, Larousse, coll. Petits Classiques, 271 pages


Lu dans le cadre d'une lecture commune avec Maggie.