9782070628933Présentation de l'éditeur : "C'était un vendredi soir. Les parents de Wendy, Michael et John étaient absents, et Nana, la chienne terre-neuve, était attachée dans la cour. La voie était donc libre pour que Peter Pan, le garçon qui refusait de grandir, vienne rechercher son ombre, et entraîne les enfants vers le Pays de Nulle Part... une île enchantée habitée par des Peaux-Rouges, des fées et des pirates commandés par le sinistre capitaine Crochet. Un conte magique, enchanteur et drôle, chef-d'oeuvre de l'imaginaire. Un héros inoubliable et des personnages attachants. Un classique."


Bien sûr, je connaissais l'histoire de Peter Pan, mais je ne l'avais jamais lue. Je ne sais pas par où commencer tellement j'ai aimé ce roman! Lorsqu'on lit Peter Pan, on a vraiment l'impression de se retrouver en enfance : bien sûr, l'histoire joue beaucoup, mais c'est surtout grâce à la voix du narrateur. Je me suis sentie projetée en enfance, comme si je me trouvais parmi plein d'autres enfants, à l'heure du conte. Régulièrement, James Matthew Barrie fait directement appel à ses lecteurs/auditeurs. Je crois n'avoir encore jamais lu de chose de la sorte et c'est si bien mené...


"Ce qui me plairait infiniment, ce serait de prévenir cette dame, comme le font certains auteurs, que ses enfants vont en effet rentrer jeudi en huit. Cela gâcherait complètement la surprise sur laquelle comptent Wendy, John et Michael. Ils l'ont mijotée sur le bateau : la félicité de leur mère, les cris de joie de leur père, les bonds frénétiques de Nana pour les embrasser la première, alors qu'ils devraient plutôt s'attendre à une correction bien méritée. Quelle plaisir ce serait d'annoncer la nouvelle à l'avance, en sorte que lorsqu'ils feraient une arrivée spectaculaire, Mme Darling ne tendrait même pas les lèvres vers Wendy et que M. Darling pourrait s'exclamer avec humeur :
- Quelle barbe! Encore ces satanés gamins!"
(page 211)


Ce qui m'a également fait voyager dans ce récit est l'humour de James Matthew Barrie. Dans Peter Pan, il faut s'attendre à tout, mais même dans le monde "réel". Par exemple, la nurse des enfants n'est rien d'autre qu'un chien terre-neuve, Nana. C'est une chienne exceptionnelle car elle les emmène à l'école, elle les coiffe, les berce, prend soin d'eux! Ce que j'ai trouvé de comique là-dedans est le fait que tout cela est dit avec beaucoup de naturel, comme si c'était tout à fait normal qu'une chienne soit nounou.


En plus d'être comique, ce récit est aussi magique. Le lecteur est projeté dans un monde complètement nouveau, peuplé de Peaux-Rouges et de Pirates, où les enfants vivent sous terre. J'ai trouvé qu'il y avait beaucoup de poésie dans cette magie.


"- Tu comprends, Wendy, quand le premier bébé a ri pour la première fois, les éclats de ce rire ont volé dans tous les sens et c'est ainsi que sont apparues les fées. [...]

- Donc, continua-t-il avec bonne humeur, il devrait y avoir une fée pour chaque fille et chaque garçon.

- Pourquoi ça, il devrait? Et pas il y a?

- Parce que, vois-tu, les enfants savent tant de choses maintenant, que très vite ils ne croient plus aux fées et, chaque fois qu'un enfant dit : "Je ne crois pas aux fées", il y en a une, quelque part, qui tombe morte." (p. 43-44)


Mais, même s'il s'agit d'un récit imaginaire, où le comique et le magique sont très présents, il reste très réaliste. Je ne sais pas si j'emploie le bon mot, mais j'ai été très étonnée de voir que James Matthew Barrie décrit autant de scènes de guerre (avec à chaque fois des morts - certes, que du côté des méchants...mais tout de même) dans un récit pour enfants.

C'est aussi un récit réaliste dans le sens où il est un peu moralisateur puisque le narrateur dit bien aux enfants à la fin qu'il est cruel de partir ainsi en pleine nuit et de causer tant de chagrin à ses parents. Cette histoire est également moralisatrice dans le sens où j'ai trouvé elle posait assez régulièrement des normes, et surtout à l'encontre de l'auditorat féminin. Wendy, qui est tout autant le héros de l'histoire que Peter, a une fonction bien définie : elle est la maman. Son rôle est de tenir la maison en ordre, de s'occuper des enfants, de bien veiller à ce qu'ils prennent leur médicament... Certes, cela m'a beaucoup rappelé les jeux que l'on peut avoir étant enfant. Néanmoins, cela avait tout de même une forte valeur normative (regrettable aujourd'hui, mais je ne veux pas non plus tomber dans l'anachronisme). Lorsque Wendy, une fois rentrée chez elle, demande à sa mère si elle peut retourner vivre avec Peter Pan au Pays de Nulle part, voici la proposition que celle-ci lui fait :


"Mais Mme Darling vit les commissures de ses lèvres s'affaisser et elle lui fait une généreuse proposition : laisser Wendy aller passer une semaine chez lui tous les ans pour faire le nettoyage de printemps."


Pour aller à l'essentiel, je dirais que c'est un roman que je recommande chaleureusement aux petits comme aux grands!


Référence
Peter Pan, James Matthew Barrie, édition Folio Junior, 239 pages

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