Mechtild-Borrmann

Le grand violoniste russe Ilia Grenko est arrêté par le KGB à la fin des années 1940. On lui reproche de se rendre trop régulièrement à l'étranger à l'occasion de concerts, et de préparer sa fuite à Vienne avec sa famille. Il essaie de résister aux interrogatoires aussi longtemps que possible, d'autant plus qu'il est innocent. Pour tenter de sauver sa famille, il signe des aveux et est envoyé au goulag, où la mort rôde. Sa femme Galina et ses deux enfants sont quant à eux envoyés dans un camp au Kazakhstan, où ils essaient de survivre du mieux qu'ils peuvent. Du fait de ces arrestations, les effets personnels de la famille Grenko disparaissent. Le violon Stradivarius d'Ilia, qui a une très grande valeur, lui est confisqué. Des décennies plus tard, Sacha, le petit-fils d'Ilia, mêne une enquête pour retrouver le fameux violon. Il se retrouve alors confronté à de nombreux obstacles, doit déjouer des tentatives d'assassinat et collaborer avec la mafia. Cette enquête le mènera à la découverte du passé tragique de ses encêtres.

Mechtild Borrmann raconte une saga familiale sur trois générations, dans le contexte de l'ancienne Russie totalitaire et de la nouvelle Russie du XXIème siècle. Chaque chapitre alterne les trois points de vue, ceux d'Ilia, de Galina et de Sacha. A travers les yeux d'Ilia, le lecteur découvre l'horreur et la tragédie qui constituent le quotidien au goulag. Travail, fatigue et faim se cumulent jusqu'à tuer les hommes les plus illustres. Galina doit apprendre à survivre dans le camp dans lequel elle travaille pour un maigre salaire et qu'elle n'est pas autorisée à quitter avant 10 ans. Sa foi en son époux vacille de plus en plus. Sacha quant à lui ne connaît rien du passé de ses parents et grands-parents et fonce tête baissée dans une enquête dont il ne mesure pas tous les tenants et aboutissants. 

Cette alternance de points de vue donne un grand rythme au roman, qui se lit avec adiction. Il mêle à la fois de l'action, à travers l'enquête de Sacha, et aussi beaucoup d'émotions à travers l'histoire de ces deux époux séparés, qui tentent de survivre. Mechtild Borrmann raconte l'expérience concentrationnaire russe, dont je n'avais jusque-là jamais rien lu (L'archipel du goulag est dans ma LAL). Ce roman est un page-turner et c'est ce qui m'a beaucoup plu, même si je n'ai pas tellement cru dans le développement de l'histoire de Sacha (qui manque trop de réalisme pour moi). J'aurais tout aussi bien pu me contenter des points de vue d'Ilia et Galina, qui m'ont bien plus touchée.

 

Référence

Mechtild Borrmann, Le violoniste, éditions du Masque, 244 pages