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Yoichi vit et travaille à Tokyo avec sa femme et n'est pas retourné à Tottori, son village d'enfance, depuis 15 ans. Il apprend la mort de son père, qui avait été hospitalisé depuis plusieurs années. Sa présence à ses funérailles étant requise, il est contraint de retourner à Tottori, malgré la distance qu'il a réussi à mettre entre ses années d'enfance et celles de sa vie d'adulte. Le retour à Tottori le ramène au ressentiment qu'il éprouve pour son père.

Dans son enfance, ses parents ont divorcé et sa mère les a quittés, lui et sa soeur Haruko, du jour au lendemain. Alors qu'il a toujours gardé le souvenir d'une mère aimante et douce, l'image qu'il s'est faite de son père pendant son enfance est celle d'un homme silencieux et froid. 

Lors de la veillée funèbre de son père, son oncle Daisuke lui livre un point de vue très éclairant sur le couple que formait ses parents. Les révélations qui lui sont faites remettent en cause la vision qu'il avait de sa famille et de son enfance. Les souvenirs ressurgissent et il revit toutes les étapes importantes de son enfance.

On ressent parfaitement l'amertume de Yoichi vis-à-vis de son passé et sa tristesse d'avoir perdu sa mère sans aucune explication. Jirô Taniguchi a un talent incroyable pour représenter des sentiments intérieurs difficilement transmissibles à travers des mots ou des images : la nostalgie, le regret, l'amertume, la tristesse, etc. Ses dessins arrivent à faire ressentir ces émotions et parfois sans aucun besoin de mots. Je trouve d'ailleurs qu'à ce titre, ses dessins les plus forts sont parfois ceux qui ont l'air d'être les plus simples.

J'ai particulièrement apprécié ses grands dessins placés sous les chapitres. Ce sont souvent des dessins de famille et ils expriment une grande douceur. Ils ont quelque chose de très sincère et de réaliste.

 

Référence

Jirô Taniguchi, Le journal de mon père, éditions Casterman, traduction de Marie-Françoise Monthiers, 277 pages