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A travers sept nouvelles, on suit les histoires d'un couple se rendant dans sa famille à la campagne, d'une japonaise en voyage à Vienne, d'une jeune femme travaillant comme dactylo dans un bureau médical, d'une femme qui tricote, d'un chauffeur de bus scolaire, d'un vieille homme et d'une petite fille, d'une guide touristique. 

On retrouve la question de la famille dans beaucoup de ces histoires : la relation aux parents et aux beaux-parents, la relation d'une enfant et d'un vieillard, d'une mère et de son fils. Les nouvelles ont parfois quelque chose de légèrement original, voire magique. J'ai adoré l'idée d'une relation sexuelle entre deux personnages à travers l'écriture de caractères japonais, celle d'un personnage qui ne vend que des chemises imparfaites ou encore le fait que le métier d'un autre personnage consiste à vendre des titres pour nommer les souvenirs des gens.

La réussite de ces nouvelles est de constituer une histoire en soi pour chacune. A chaque fois, la boucle est bouclée et le point final est posé avec justesse. J'ai toutefois beaucoup moins accroché aux nouvelles très courtes. J'ai aimé que ces nouvelles ne procurent pas toutes les mêmes émotions : certaines ont du suspense quand d'autres ont de l'originalité. Quoiqu'il en soit, elles procurent toutes des émotions alors qu'elles ne font qu'une dizaine de pages chacune en moyenne : du suspense, de la frustration, du rêve... Yoko Ogawa a un très beau talent de conteuse. 

 

Référence

Yoko Ogawa, La mer, éditions Actes Sud, Traduction Rose-Marie Makino, 149 pages