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La narratrice nous raconte l'ensemble de ses souvenirs. Dans ce roman que l'on devine de nature biographique, passé lointain et passé plus récent s'entremêlent. Alors qu'elle n'était qu'une petite fille, la narratrice a connu un changement brutal de vie lorsque le Vietnam devient communiste du Nord au Sud du pays. Enfant d'une famille aisée et politiquement influente, elle connaît la grande pauvreté et vit dans la peur. Alors qu'elle n'a qu'une dizaine d'années, elle réussit à s'enfuir de son pays pour des raisons de sécurité, accompagnée de ses parents et de ses frères et soeurs. Après avoir connu un enfer dans les camps de migrants, elle et sa famille se construisent petit à petit une nouvelle vie au Canada où ils sont réfugiés.

Adulte, elle est parfaitement intégrée à la vie canadienne et livre ses pensées au fur et à mesure qu'elles lui viennent, par des chapitres courts consacrés à un souvenir chacun. Un souvenir faisant appel à un autre souvenir, ses "petites" histoires se succèdent sans rationalité chronologique mais avec une certaine "rationalité" émotionnelle.

J'ai lu ce roman de Kim Thùy avec beaucoup d'intérêt car je l'ai d'abord considéré comme un témoignage personnel sur l'immigration, un thème qui m'intéresse toujours beaucoup. Mais je l'ai également apprécié pour sa dimension historique puisque la narratrice raconte par épisodes la vie d'une famille, du point de vue d'une petite fille, dans le Vietnam du sud communiste. 

Il s'agit bien évidemment d'un roman poignant et riche en émotions qui m'a beaucoup marquée sur le coup de sa lecture. Toutefois, je ne pense pas que j'en garderai un souvenir bien longtemps. C'est très certainement dû au fait qu'il m'a donné une sensation de confusion assez forte et je pense avoir besoin d'une ligne chronologique pour réussir à appréhender avec plus de facilité ce type d'histoire. Pour autant, cela ne m'a pas gâché la lecture. 

 

Référence

Kim Thùy, Ru, éditions Liana Levi, 143 pages