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Davidù est un jeune garçon sicilien. Il vit entourré de sa mère, son oncle et ses grand-parents. Son père est décédé avant qu'il ne naisse. Davidù passe beaucoup de temps à jouer avec ses amis et un leur passe-temps préféré est de tyranniser Gerruso, leur souffre-douleur. Ce dernier, trop content de faire partie de ce groupe d'amis, se laisse faire sans se plaindre. Il a d'ailleur une admiration sans borne pour Davidù. Et Davidù a quant à lui une admiration sans borne pour Nina, la cousine de Gerruso, dont il est tombé amoureux.

"[...] elle était plus belle encore que la Sicile au loin." (page 207)

 

Comme tous les hommes de sa famille, Davidù est un boxeur. Il s'entraine presque tous les jours de la semaine pour devenir champion national.

"Aimer et être heureux c'est pas la même chose et souvent ça n'a rien à voir." (p.301)

 

Un peu à la manière de Holden Caufield (L'attrappe-coeur de Salinger), Davidù nous raconte lui-même son quotidien fait d'entrainements, de combats et de virées avec son ami Gerruso. Le rythme du roman est très rapide, la narration est très vivante, très "parlée", avec un ton populaire, familier. En effet, l'identité sicilienne est au coeur du roman. L'argot palermitain tient donc une place importante dans l'histoire. Cet un élément avec lequel j'ai eu du mal, certainement parce qu'il est très difficile de traduire en français des éléments d'argot.

Le déterminisme social est la thématique au coeur du roman. Bien que n'ayant pas connu son père, Davidù ne se voit pas faire autre chose que de la boxe, comme lui. Boxer revient à se rapprocher de son père, à essayer de comprendre qui il était. Ainsi, il fait alterner la narration de sa propre histoire avec celle de son père, de son grand-père et de son oncle. Il raconte comment chacun d'entre eux s'est mis à boxer et quelle place la boxe a pris dans leur vie.

L'identité de Davidù est aussi faite en grande partie de sa masculinité, ce qui est un élément très fort en Sicile. La conduite des hommes est dictée par une nécessité d'être viril et violent car ce n'est qu'ainsi qu'un homme affirme sa masculinité. La violence physique est banale et celle orale vis-à-vis des femmes (qui ne sont que des "pulle", des putes) l'est tout autant.

Davide Enia a réussi à me faire voyager dans une Sicile qui ne fait pas rêver : une Sicile violente, car la mafia terrorise les habitants. Le voyage fut complet car multidimensionnel : la Sicile est offerte à travers trois générations d'hommes.

Le rythme très dynamique de la narration de Davidù est très entrainant et permet une grande facilité et rapidité de lecture. Toutefois, l'équilibre global du roman aurait été amélioré si des temps de description avaient été intégrés plus réguièrement au roman. Cela n'en reste pas moins une jolie lecture.

 

Référence

Davide Enia, Sur cette terre comme au ciel, traduction Françoise Brun, éditions Albin Michel, 399 pages

Merci aux éditions Albin Michel pour cette lecture.