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Le scoutisme est une tradition américaine, visant à inculquer des valeurs traditionnalistes aux enfants dans un cadre naturel et sportif. En tant que tel, il ne plaît pas à tous les adolescents et devient de plus en plus désuet au fur et à mesure des décennies. Le scoutisme est le personnage principal, ou du moins le fil rouge du roman de Nickolas Butler. 

En 1962, Nelson est le meilleur scout du camp. Il croit profondément dans les valeurs qui lui sont inculquées et il motive ses actes par son souci de la justice et du Bien. Même s'il fut toujours un enfant moqué et mis de côté, il a une foi naïve dans l'être humain. Sa semaine de scoutisme, où il est malmené par ses camarades, le fait grandir et passer un cap. 

En 1996, Trevor découvre part faire une semaine de scoutisme avec son père Jonathan, l'ancien chef de camp de Nelson. Ce dernier est devenu un héros de guerre et est vénéré par les enfants. 

En 2019, Thomas, le fils de Trevor, effectue lui aussi un stage scout estival. Il est accompagné de sa mère Rachel, qui doit faire face aux sarcasme mysogines des pères qui accompagnent leurs enfants. 

Voici un beau grand roman américain sur l'apprentissage, le passage à l'âge adulte et ses désillusions. Chacun de ses personnages est animé par une certaine conception de la vie, certains grands principes, durant l'adolescence, qui finissent par s'étioler et se noircir une fois adulte. Nickolas Butler arrive à faire de Nelson et Trevor des personnages attachants, alors que leur qualité de premier de classe aurait pu les rendre irritants. 

Le premier tiers du roman, consacré à Nelson, est particulièrement réussi et pourrait en tant que tel être un petit roman ou une nouvelle indépendante. Nickolas Bulter arrive à faire d'une semaine de scoutisme une histoire à part entière, avec des personnages profonds bien que simples et des péripéties créant suffisamment de suspense pour qu'on lise cette histoire avec avidité. Bien que je n'aie pas trouvé les mêmes qualités ni ressenti le même intérêt pour la dernière partie du livre, je ne le considère pas moins comme un excellent roman d'apprentissage sur la construction d'un homme. 

 

Référence

Nickolas Butler, Des hommes de peu de foi, traduction de Mireille Vignol, éditons Autrement, 540 pages