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En 1969, Evie est une jeune fille de 16 ans qui vit à San Francisco. Elle passe un été paisible et ennuyeux dans la grande maison de sa mère. Ses parents sont divorcés depuis plusieurs années. Depuis, sa mère cherche désespérément l'amour et un nouveau sens à sa vie. Elle n'est pas très proche de sa fille, dont elle ne sent pas les failles.
Alors qu'elle se promène dans un parc, Evie croise un groupe de jeune fille hippies, qui semblent déborder de liberté et de bonheur. Elle est fascinée par l'une d'entre elles, dont elle ne peut détourner le regard. Il s'agit de Suzanne, une jeune femme qui fait partie des leaders du groupe. 
Evie finit par se rendre dans le ranch au sein duquel vit cette petite communauté et son intérêt pour Suzanne grandit. Elle ne voit pas la saleté et la misère dans laquelle elles vivent. Evie fait plusieurs allers et retours entre sa vie d'adolescente riche et celle de cette communauté un peu étrange. Elle cherche à tout prix à plaire à Suzanne, qu'elle a en adoration. Pour cela, elle se met petit à petit à voler pour subvenir aux besoins de la communauté du ranch.
Emma Cline a choisi la fiction pour raconter un fait divers particulièrement glaçant. En 1969, des membres de la secte de Charles Manson ont assassiné sauvagement plusieurs habitants d'une résidence de San Francisco, dont une femme enceinte de 8 mois. Plutôt que de choisir le ton d'un documentaire ou d'un policier, elle emprunte celui de la fiction, en modifiant certains noms et certains faits. Le point d'entrée choisi par Emma Cline est le personnage d'Evie, une jeune fille totalement extérieure à la secte. A travers ce personnage, elle pose bien évidemment la question de l'attraction d'une secte et celle de la destruction de l'individu au sein du groupe. 
J'ai apprécié la façon dont Emma Cline reproduisait la fascination d'Evie pour Suzanne. Elle arrive particulièrement bien à faire ressentir la façon dont elle est captivée par cette femme qu'elle considère presque comme un modèle. En revanche, le bilan global que je fait de cette lecture est mitigé car j'ai régulièrement eu des moments d'ennui, n'arrivant pas à m'intéresser à la vie d'Evie ni à cette communauté. 
Référence
Emma Cline, The girls, éditions Quai Voltaire, 336 pages