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Eugene Cantor, dit "Buck", est professeur d'éducation physique à Chancellor, une école de Newark. Durant l'été 1944, il a une vingtaine d'années et est responsable du centre sportif de Weequahic, le quartier juif de Newark. Il coordonne les activités des jeunes avec beaucoup d'enthousiasme et d'énergie. Il cherche à ce que ces jeunes garçons et jeunes filles passent un bon été malgré la chaleur accablante et le fait qu'ils ne partent pas en vacances.
Une épidémie de polio se propage du quartier italien au quartier juif de Newark en l'espace de quelques semaines. Des dizaines d'enfants sont rapidement contaminés. Un bon nombre d'entre eux décèdent et le reste doit subir des traitements particulièrement contraignants à l'hôpital (notamment en étant enfermés dans des poumons d'acier).
Bien qu'il n'ait aucun lien direct dans la propagation de la polio à Weequahic, Buck se sent responsable de la santé physique et mentale des jeunes qu'il encadre. Il cherche à les rassurer et à veiller à ce que la maladie ne se propage pas parmi eux. En 1944, cette maladie est méconnue et ses causes ne sont pas identifiées. La petite amie de Buck, Marcia, insiste pour qu'il la rejoigne dans le camp scout où elle est animatrice. Ainsi, elle sera plus rassurée quant à la santé de Buck, qui est particulièrement exposé à l'épidémie dans le centre sportif où il travaille. Mais ce dernier est tiraillé entre son devoir d'enseignant vis-à-vis de ces jeunes et son envie de fuir la ville pour retrouver sa petite amie.
Sur les conseils de Coralie et Eva, j'ai découvert Philip Roth avec ce très bon roman. L'intrigue repose sur des faits historiques et sa simplicité donne une certaine liberté à Philip Roth pour y construire un personnage principal profond et en toute justesse, tout en développant des thèmes très forts. Buck est un homme dont le quotidien et chaque action sont très réfléchis, qui pèse constamment toutes ses décisions et cherche à vivre comme un modèle de conduite droite, honnête et juste. De ce fait, la propagation de l'épidémie l'amène à se poser des questions quant à sa responsabilité et à sa culpabilité. 
Les thèmes traités par Philip Roth sont universels et en ce sens, touchants. En effet, les questions de la responsabilité et de la culpabilité ne sont pas posées d'un point de vue abstrait mais bien vécues par le héros de ce roman. J'ai particulièrement aimé le personnage principal, qui a toutes les caractéristiques d'un bel héros "ordinaire" et anonyme.   
Référence
Philip Roth, Némésis, éditions Folio, traduction de Marie-Claire Pasquier, 272 pages