Babbitt - Sinclair Lewis
Présentation de l'éditeur : Le héros de ce livre, George F. Babbitt, un agent immobilier de renom, vit à Zenith, une petite ville du Midwest. Riche, bavard, il a un avis sur tout et se targue d'être un citoyen modèle. Mais un jour, une terrible angoisse le saisit : cette vie passée à arnaquer la veuve et l'orphelin et à dîner avec des petits bourgeois bien-pensants ne serait-elle pas vaine ? D'une plume sarcastique sans jamais être méchante, Sinclair Lewis décrit le pouvoir de séduction de la société de consommation naissante, de l'american way of life. Lire ou relire Babbitt aujourd'hui, c'est pénétrer le système capitaliste, ses pièges et ses failles.
J'ai trouvé que Babbitt était un magnifique portrait de la société de consommation naissante aux Etats-Unis au début du XXème siècle. Ce roman est d'un réalisme saisissant : il nous glisse dans la famille des Babbitt, dont le père se veut être le citoyen exemplaire par excellence. Il incarne magnifiquement l'américain qui a réussi : il habite dans une maison confortable, a un travail qui lui rapporte beaucoup d'argent, un réseau social dense qui lui vaut du succès dans les affaires et dans la politique ainsi qu'une famille aimante.
Sinclair Lewis nous décrit dans les moindres détails cette société visant à la pensée unique. Par exemple, Babbitt est incapable de la moindre pensée personnelle et ne fait que rabacher ce que dit tout le monde en se l'appropriant comme sa propre pensée. Lewis témoigne également de la montée en puissance de la publicité et il a, à mon sens, le tort de considérer que ce que dit la publicité est entièrement repris comme vrai par celui qui la lit. Mais on ne peut guère lui en vouloir puisqu'à l'époque, on avait tendance à considérer l'émetteur comme tout puissant.
"Il songeait. Il lui venait à l'idée que peut-être la vie, telle qu'il la connaissait et la pratiquait énergiquement, était futile ; que le ciel, tel que le décrivait le révérend docteur John Jennison Drew, n'était ni vraisembable ni bien intéressant ; qu'il n'avait pas beaucoup de plaisir à gagner de l'argent ; qu'il n'était pas d'une utilité bien certaine d'élever des enfants uniquement pour qu'ils pussent en élever à leur tour d'autres qui feraient autant. A quoi bon tout cela ? Que désirait-il?" (page 377)
Après avoir lu la quatrième de couverture, je m'attendais à voir un revirement de situation important. En réalité, je ne l'ai pas ressenti comme tel car je m'attendais à une rebellion beaucoup plus importante contre la société.
Le principal intérêt que j'ai eu en lisant ce roman a principalement résidé dans la description de la société américaine, et notamment de sa politique anti-communiste (avec la chasse aux sorcières) et de la condition de la femme.
"C'est exactement ce que je disais!Vous avez le droit de courir partout, avec qui vous voulez, et moi, je suis censée rester ici à vous attendre. Vous avez l'occasion de vous instruire, de vous cultiver de toutes les façons, et moi je reste à la maison..." (page 482)
Référence
Babbitt, Sinclair Lewis, éditions Le livre de poche, collection biblio roman, 541 pages
Un grand merci à Blog-o-Book et aux éditions Livre de Poche pour ce partenariat!