Deux romans qui ne m'ont pas convaincue : "La fête de l'insignifiance" et "Murmurer à l'oreille des femmes"
La fête de l'insignifiance
Présentation de l'éditeur : Jeter une lumière sur les problèmes les plus sérieux et en même temps ne pas prononcer une seule phrase sérieuse, être fasciné par la réalité du monde contemporain et en même temps éviter tout réalisme, voilà La fête de l'insignifiance. Celui qui connaît les livres précédents de Kundera sait que l'envie d'incorporer dans un roman une part de "non-sérieux" n'est nullement inattendue chez lui. Dans L'Immortalité, Goethe et Hemingway se promènent ensemble pendant plusieurs chapitres, bavardent et s'amusent. Et dans La Lenteur, Véra, la femme de l'auteur, dit à son mari : "Tu m'as souvent dit vouloir écrire un jour un roman où aucun mot ne serait sérieux... je te préviens : fais attention : tes ennemis t'attendent". Or, au lieu de faire attention, Kundera réalise enfin pleinement son vieux rêve esthétique dans ce roman qu'on peut ainsi voir comme un résumé surprenant de toute son oeuvre. Drôle de résumé. Drôle d'épilogue. Drôle de rire inspiré par notre époque qui est comique parce qu'elle a perdu tout sens de l'humour. Que peut-on encore dire ? Rien. Lisez !
Des amis, ou plutôt des connaissances se rencontrent, s'invitent, discutent. En parallèle, Milan Kundera raconte l'histoire (et les conséquences) des perdrix de Staline. Voilà, je ne sais pas en dire plus sur ce roman face auquel je suis restée complètement de marbre. De Milan Kundera, je n'avais lu que L'insoutenable légèreté de l'être, que j'avais beaucoup apprécié. Je ne m'attendais donc pas à rester aussi hermétique avec son dernier roman.
Référence
Milan Kundera, La fête de l'insignifiance, édition Gallimard, 142 pages
Murmurer à l'oreille des femmes
Présentation de l'éditeur : Dans l'Amérique des années soixante, en pleine crise de Cuba, un petit garçon attend le bus scolaire et n'a d'yeux que pour la fillette à côté de lui. Un long échange de regards et le garçon comprend que cet instant vient de marquer sa vie sentimentale future... Un homme rentre chez lui, complètement saoul et paniqué. La femme avec qui il vient de dîner l'appellera demain à 10h et il le sait, ce coup de fil pourrait bien chambouler toute sa vie... Erica pensait avoir géré son divorce comme elle gère sa carrière : rapidement, efficacement et avec détachement. Mais quand son ex lui propose de lui racheter la bague de fiançailles qu'il lui avait offerte, Erica n'a plus qu'une idée en tête, trouver la meilleure vengeance possible... La cinquantaine plan-plan, un brave père de famille se retrouve coincé à Vegas pour deux jours, l'occasion de tenter un très gros coup de poker... Une femme regarde son mari et se remémore le commentaire de sa mère au moment de l'annonce de leur fiançailles : " Ouais, fera l'affaire ". Et c'était vrai. Alors pourquoi ce goût d'inachevé ?
Je me suis très rapidement aperçue que ce roman n'était pas fait pour moi. En seulement 20 pages, j'ai deviné que je n'y trouverai pas ce que je cherche dans la littérature : de la finesse et de la subtilité, dans des histoires profondes. Les nouvelles sont trop courtes, pas assez développées pour que j'y trouve cette profondeur. Pour autant, le style de Douglas Kennedy n'est pas désagréable.
Référence
Douglas Kennedy, Murmurer à l'oreille des femmes, édition Belfond, 248 pages

