de-guerre-lasse_couv

Au printemps 1942, Jérôme et Alice s'invitent chez Charles Sambrat dans le Dauphiné. Jérôme fait partie d'un réseau de résistants parisiens et cherche un lieu par lequel faire passer des réfugiés en zone libre. Le lieu où habite Charles semble être un bon compromis. Mais il lui reste à convaincre son ami d'enfance de l'aider dans cette activité pour laquelle il risque sa vie. La stratégie de Jérôme pour l'en convaincre est de le faire tomber sous le charme d'Alice (sa petite amie).

N'étant pas familière de Françoise Sagan (dont je ne connaissais que Bonjour tristesse), j'ai commencé ma lecture sans a priori et avec plaisir. Les premières pages situent le roman dans la campagne française des années 1940. Jérôme et Alice découvrent le calme, l'absence de risque, la profusion de mets. Françoise Sagan a écrit de belles scènes et d'agréables dialogues autour de l'amitié retrouvée entre Jérôme et Charles et c'est certainement la partie du roman à laquelle j'ai été la plus sensible.

Passée la thématique de l'amitié, j'ai de moins en moins aimé la tournure que prenait l'histoire de ce trio (qu'on devine amoureux dès le départ), n'y croyant absolument pas. Je pense que d'autres romans traitent bien mieux du sujet du trio amoureux (L'invitée de Simone de Beauvoir notamment), mais ce qui m'a le plus dérangée est que l'un des couples n'était absolument pas vraisemblable à mes yeux. 

En ce qui concerne la thématique de la Résistance, autant ne pas trop se pencher sur le sujet car elle est plutôt suggérée et lorsqu'elle n'est plus suggérée mais racontée, cette thématique manque de crédibilité (là encore, mieux vaut lire un bon roman sur le sujet, comme Le sang des autres de Simone de Beauvoir). 

J'ai trouvé d'autres défauts à ce roman, qui me font dire qu'il manque cruellement de crédibilité dans son ensemble et dans les petits détails. Par exemple, les réactions d'Alice au cours du roman me semblent souvent très théâtrales, peu réalistes. Bref, je vous conseille d'autres livres si ces sujets vous intéressent. 

 

Référence

Françoise Sagan, De guerre lasse, éditions Folio, 220 pages